| En juin dernier
(2005), notre IEN (Inspecteur de l'Education
Nationale), relayant une initiative de l'inspection académique
et de la conseillère pédagogique en langueS (remarquez ce
pauvre "S" du pluriel, qui doit bien se demander ce qu'il fait
là!), priait les directeurs d'effectuer une enquête
auprès des familles, afin de déterminer si, à
la place de l'incontournable anglais,
l'introduction de l'allemand en primaire pourrait se justifier par un
nombre suffisant de volontaires. Les
enquêtes, dans un nombre assez grand d'écoles, ne furent
même pas effectuées! On peut, certes, connaissant leur écrasante charge de travail, excuser les directeurs... Mais n'est-ce pas aussi que de façon inconsciente (ou consciente), ils étaient déjà résignés, pressentant le résultat de l'enquête? Je n'ai pas besoin, moi, de faire une enquête pour avancer que dans les représentations mentales des parents, l'allemand est perçu comme difficile, élitiste, et relativement inutile. Au contraire, l'anglais est perçu comme incontournable, populaire et pas très compliqué (suivre les liens de cette page pour une critique de cette illusion). Y'a pas photo! Il aurait fallu, bien entendu, tout de même effectuer l'enquête... A la fin des années 80, au début des années 90, mes collègues souriaient de moi quand, lors des animations pédagogiques je prédisais tristement qu'après une initiation "auX langueS", on en viendrait inéluctablement à imposer le SEUL anglais. "Mais non, Dominique, tu penses bien que personne ne laissera faire ça!..." A l'époque, pendant deux ans, j'ai initié mes élèves à l'italien... Mais l'italien, en Europe, est actuellement sur la mauvaise pente, et d'ailleurs quelques hommes politiques d'Italie commencent à réagir. Ce n'est hélas que quand les catastrophes deviennent évidentes que les sursauts salutaires commencent à se faire. Bref, je pourrais écrire des heures et des heures sur le sujet. |
| Reinhard Selten, prix Nobel
d'économie 1994 écrit dans un ouvrage
récent (Für Zweisprachigkeit in Europa, pour un bilinguisme
en Europe,
p ): "Seid realistich, ertwartet
das Unmögliche!" (Soyez
réalistes,
attendez-vous à l'impossible!"). Et le coauteur de l'ouvrage, Helmar G Franck (président de l'Académie des Sciences de San Marin, diplômé en mathématiques, physique, philosophe, informaticien...) ajoute (p 22) "Lerne zwei Sprachen statt einer und spare Zeit!" (apprenez deux langues au lieu d'une seule et économisez du temps!" |