Une histoire comme tant d'autres...

En 1980, quand Tatiana est née, je n'avais pas "décidé" de l'allaiter... La question ne se posait même pas pour moi, c'était une évidence.
Seulement voilà... J'ignorais encore que ce serait un parcours du combattant.
D'abord, les aides soignantes qui vous interdisent de prendre votre bébé: "Laissez-la donc se reposer, et puis vous allez lui donner de mauvaises habitudes"
Les pesées inutiles avant et après la tétée...
Les pauvres, elles étaient persuadées de bien faire. L'enfer est pavé de bonnes intentions.
Heureusement, il semble que les plus grandes de ces absurdités et abus de pouvoir soient disparus de la plupart de nos maternités françaises.
Et finalement, on me l'a kidnappée... Parce qu'elle avait la jaunisse.
De longues journées dans une couveuse, sous une lampe... et moi en visite, bête, ne sachant que faire. Elle n'était pas grossse: 2,5 kg (mais on est plutôt petits dans la famille, et moi aussi j'étais un tout petit bout en naissant). Alors il a fallu passer outre aux excès de précautions médicales, et quand elle a été en berceau, on a dit à l'hôpital: "Merci bien, mais maintenant on la reprend."
Ils n'ont pas fait de difficulté, non, non. Mais si on n'avait rien dit, dociles, ma fille serait encore restée une à deux semaines de plus chez eux "pour reprendre du poids"
Elle est sortie avec une prescription de biberons. Tant de mesurettes, tel lait, tant de fois par jour.
Rien sur la manière de faire revenir mon lait, qui était toujours là, mais de moins en moins.
Alors, ignorée des médecins, j'ai cherché. Relu les "cahiers du Nouveau-Né" de chez Stock. Farfouillé dans les librairies. Et j'ai découvert l'étendue du désastre...
Compris que si trop de médecins "prescrivaient" l'allaitement naturel du bébé, parfois de façon autoritaire, voire même tyrannique, un grand nombre d'entre eux étaient incapables d'aider les mères à le conduire dans la sérénité et avec succès. Le moindre petit problème, et vlan! On se replie sur les biberons...
J'ai lu, lu, et relu. Fichu ces satanés biberons au placard (oh, pas d'un seul coup, il a fallu reprendre confiance progressivement) et finalement, moi qui pensais nourrir ma fille deux ou trois mois (je ne savais pas que certaines femmes le faisaient plus longtemps), je l'ai allaitée environ sept mois, les trois derniers mois en allaitement mixte car j'avais repris le travail.
C'est la raison pour laquelle je suis entrée par la suite en contact avec la Leche League, et encore plus tard ai même créé avec des amies une association locale d'entraide et d'information de mères allaitantes "Info-Allaitement" (disparue au bout de quelques années).

Cette branche de mon site étant en construction, je vous propose les liens suivants:

Relevé sur le site des associations féminines de France:
La Leche League International est une ONG membre conseiller auprès de l' Organisation Mondiale de la Santé , et membre du Conseil d'administration des ONG de l' UNICEF .
LLL France bénéficie du soutien de la Fondation de France .
Pour tous renseignements, écrire à : Centre de documentation LLLF, BP 18, 78620 L'Etang-la-Ville.
Fax de la présidente : (1) 48 94 70 97
Pour connaître les n des animatrices "de garde", appelez le répondeur au (1) 39 58 45 84.
. Pour obtenir des renseignements sur les stages de formation pour les professionnels de santé, téléphonez à LLLF Formation au (1) 30 96 08 01.

Par la suite, je pense éditer ici les prospectus d'informations que nous avions conçus, femmes pour d'autres femmes, à l'époque de notre association...
Ce dont il faut être conscient, c'est que comme dans bien d'autres domaines de la société moderne, il y a une double contrainte. D'un côté on honore ce qui est gratuit, généreux, vivant, naturel, mais d'un autre tout fonctionne sur le commerce, l'argent, les relations de pouvoir.
Dans la question de l'alimentation du nourrisson, il y avait beaucoup d'argent à faire, et les multinationales du lait, pendant des décennies, ont eu le champ libre. Avec l'aide inconsciente de certaines "nouvelles femmes", qui découvraient de nouvelles libertés (j'en étais, mais pas au point de me faire "avoir" sur ce terrain!), elles ont manipulé les inconscients, soudoyé les membres des professions de santé, et imposé l'image du biberon comme incontournable.
Ce n'était pas anodin dans nos pays occidentaux, mais les conséquences néfastes de ce changement étaient chez nous moins directement visibles que dans les pays du Tiers-Monde, où les nourrissons sont morts par centaines de milliers, probablement même par millions, à cause de la rapacité des sociétés dont la seule logique est le profit.

retour accueil Domi


Dernière mise à jour: septembre 1997, Dominique Couturier